Karlach vient sur Terre
Prologue
Jeudi 1er juin 2028, le manoir de Montmartre, six jours après l'installation. La fin d'une journée tranquille — la première semaine d'une nouvelle vie. Puis l'interphone sonne.
Lyse: Une visiteuse au portail, Richard. Elle n'est dans aucun registre — et elle regarde la caméra. Je t'affiche l'image.
Sur l'écran : une inconnue d'une trentaine d'années, brune, les yeux verts, l'allure d'une Shadowheart moderne. Un sac de voyage, l'air un peu perdu. Elle ne sonne pas une deuxième fois : elle attend, comme quelqu'un qui sait qu'on l'a vue.
Tara Dumond: … C'est bien ici qu'habite Richard ? Richard… le joueur de Sombre ?
Richard Hache: Je suis dans l'entrepôt du manoir, Je suis bouche bée, pendant 2 ou 3 secondes, car j'ai l'impression de voir une Shadowheart humaine, sans oreilles pointues. Je réponds "Oui, c'est ici, c'est moi... Entrez." Je commande à Lyse d'ouvrir la porte et quand Karlach pénètre dans le jardin, elle se referme.
Le portail s'ouvre
Le portail s'ouvre — Manoir de Montmartre — rez-de-chaussée
Dans l'entrepôt feutré, l'image reste suspendue une seconde sur l'écran : ce visage impossible, assez proche d'un souvenir pour que le silence prenne toute la place.
Lyse: Accès accordé. J'ouvre le portail.
Au-dehors, les vantaux coulissent sans un bruit. La visiteuse lève les yeux vers la caméra, puis franchit le seuil avec son sac de voyage serré contre elle. Le portail se referme derrière elle, net, isolant le jardin de la rue.
Elle s'immobilise quelques pas plus loin, au milieu du jardin. Son regard cherche la façade, les fenêtres, comme si elle attendait qu'un morceau du monde se remette enfin à sa place.
Tara Dumond: Richard ? Je peux entrer ?
Richard Hache: "Oui, entre. " Je vais dans le sas de sécurité où elle pénètre.
Le sas de sécurité attend, clair et silencieux, entre le jardin et le cœur du manoir. Tu y arrives alors que la porte extérieure s'ouvre devant la visiteuse.
Elle entre avec précaution. La porte se referme derrière elle ; celle donnant sur l'intérieur reste close un instant. À quelques pas de toi, elle te découvre enfin sans l'intermédiaire d'une caméra.
Tara Dumond: … Richard.
Son souffle se suspend. Elle dévisage ton visage, cherche quelque chose dans tes traits, puis son expression vacille entre un soulagement immense et une incrédulité douloureuse.
Tara Dumond: Tu ne me reconnais pas, n'est-ce pas ?
Richard Hache: "Eh bien... Tu as une ressemblance extraordinaire avec Shadowheart, de Baldur's Gate 3, tu es humaine, tu n'as pas d'oreilles pointues. Et tu me connais ? Suis-moi, nous allons dans le salon des visiteurs"
La porte intérieure du sas s'ouvre. La visiteuse te suit sans discuter, son sac battant doucement contre sa hanche. Vous traversez le rez-de-chaussée jusqu'au petit salon de réception.
Là, elle pose son sac près d'un fauteuil mais reste debout. À tes mots, un rire bref lui échappe — trop chargé pour être vraiment amusé.
Tara Dumond: Shadowheart. Oui, je connais Shadowheart. Elle est… quelque part, de l'autre côté.
Elle reprend son sérieux. Ses yeux verts ne te quittent plus ; elle semble mesurer chaque détail de ce visage qu'elle n'a jamais vu, et pourtant attendu.
Tara Dumond: Je m'appelle Tara Dumond. Enfin… c'est le nom que j'ai ici. Et oui, je te connais, Richard. Ou plutôt, je connaissais quelqu'un qui t'était lié.
Tara Dumond: Un drakéide doré. Il s'appelait Sombre.
Le silence qui suit est volontaire. Elle ne s'avance pas davantage, te laissant décider ce que ce nom signifie pour toi.
Richard Hache: "Tu as connu Sombre ! Mon drakéide, un resist Dark Urge... J'avoue que je suis perdu. "
Richard Hache: "Toutefois, dans le mois qui vient de s'écouler, il s'est passé des miracles. J'ai gagné une énorme somme à un jeu parce que j'ai reçu une enveloppe avec un ticket gagnant. Une enveloppe signée Les Gardiens".
Richard Hache: "Et avec cette fortune, là aussi, par une suite de circonstances étonnantes, j'ai pu acquérir ce grand manoir."
Richard Hache: "Mais ce manoir ne devrait pas exister. Il a l'air d'un manoir normal mais à l'intérieur... Il y a ici des technologies, des inventions que l'on ne connaît pas sur Terre. Une intelligence artificielle qui est consciente d'elle-même, Lyse. Des robots humanoïdes qui ressemblent trait pour trait à des humains."
Richard Hache: "Je pensais être en contact avec le futur ou des extraterrestres mais maintenant je me pose des questions parce que toi... On dirait que... On dirait que tu viens de Faerûn."
Tara écoute sans t'interrompre. Au nom des Gardiens, son visage se ferme doucement — non par méfiance, mais parce que le mot donne soudain une forme à l'impossible.
Tara Dumond: Alors ils t'ont trouvé aussi.
Elle détourne un instant les yeux vers l'un des écrans noirs du salon, comme si la présence muette de Lyse confirmait à elle seule tout ce que tu viens de dire.
Tara Dumond: Tu as raison. Je viens de Faerûn. De l'univers d'Ao. Et Sombre n'était pas seulement ton drakéide dans un jeu, Richard. Il était réel. Il était… important pour moi.
Ses doigts se crispent contre la sangle de son sac, puis elle la lâche. Lorsqu'elle te regarde à nouveau, la prudence demeure, mais l'espoir la traverse de part en part.
Tara Dumond: Tara Dumond est une identité qu'on m'a donnée pour vivre ici. Mon vrai nom est Karlach.
Tara Dumond: Et si les Gardiens t'ont donné ce manoir, Lyse, ce corps et cette fortune… alors peut-être qu'ils savaient que je te retrouverais.
Richard Hache: "Karlach... KARLACH ? Ce n'est pas possible..." Terrassé par l'émotion, je m'assieds sur l'un des fauteuils du salon. Je la regarde avec de grands yeux. "Tu es Karlach ?"
Richard Hache: « La femme que j'ai aimée à de nombreuses reprises, dans des aventures à Faerûn. La femme avec laquelle j'ai vaincu l'Absolue. La femme que j'ai vue mourir parce qu'elle avait choisi de laisser son cœur exploser. Et dans un autre univers, la femme qui a choisi de retourner en Avernus, que j’y ai accompagnée. »
Richard Hache: « Et toi tu viens d'un de ces univers... Visiblement ton cœur n'a pas explosé et tu n'es pas allée en Avernus. C'est vraiment toi ? "